Partir d'Hourtin pour rejoindre Mimizan à la pagaie sur les traces d'Ernest Sexe.

Le récit de sa croisière en canoë de 1912 m'a largement inspiré pour réaliser cette expédition en 2013. L'itinéraire est à peu près identique au sien mais la réalité du parcours s'apparente plus à une petite aventure et un défi :-)

Les courants et grands lacs landais permettent en effet de relier ces 2 points sur les cartes. Pour cela il suffit de traverser successivement les lacs d'Hourtin (56,67km²) et de Lacanau (19,85km²), le bassin d'Arcachon (155km²), puis les lacs de Cazaux (55km²), petit Biscarosse (75ha), Parentis (35,4km²) et enfin Aureilhan (3,32km²). Tous ces vastes plans d'eau communiquent entre-eux par des canaux et courants sauvages qui rendent théoriquement possible le périple en canoë-kayak sur 150km.

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Mon choix de kayak s'est porté sur l'AEC (Advanced Element Convertible) préférant la stabilité du gonflable à la glisse de mon Tiwok rigide. Il permet également une grande capacité de chargement dans sa conversion solo, le matériel étant réparti dans 2 sacs étanches et une touque à l'intérieur, plus un sac de pont situé sur l'arrière. Un poids assez conséquent à bord mais synonyme d'autonomie et d'un peu de conford. (tente, réchaud, nourriture, boisson, matelas de rando, sac de couchage, chariot de portage, vêtements secs, pagaies de secours, appareil photo, jumelles, etc....) un peu trop sûrement !

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En comparaison Ernest et sa femme avaient embarqués un contenu plus rudimentaire qui occupait seulement 2 sacs d'alpiniste et un gros ballot. Son intention de pêcher à la traine durant leur croisière allégeait en partie le volume de nourriture. Pour ma part je ne suis pas fin pêcheur comme lui et aime varier mes repas :-)

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Dimanche 30 juin 2013 après avoir terminé l'arrimage je quitte le port d'Hourtin en fin de journée et entame l'expé par une traversée du lac Est-Ouest. Pour éviter le balotage des lames bien formées je met le cap Nord-Ouest le nez dans le vent jusqu'à m'abriter au pied des dunes de l'autre rive. L'AEC s'est comporté comme un vrai baroudeur durant cette brève traversée mouvementée, ce qui m'assure que la répartition du poids est équilibrée.

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Je glisse maintenant Sud-Ouest sur des eaux calmes et passe à hauteur de la pointe de Gréchas pour finir sur un petit banc de sable derrière pointe Blanche.

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L'endroit est rêvé pour ce premier bivouac et la baie est idéale pour un cabotage en soirée, de quoi bien appréhender l'étape de demain qui sera le grand départ ! Après avoir réfléchis à ce trip depuis quelques années...me voilà prêt à le réaliser dans des conditions similaires à Ernest Sexe. Certes j'aurais préféré le partager avec quelques amis, mais caller les conges de chacun à la même période s'avère difficile. Alors ce sera en solo et loin devant ! question d'habitude :-)

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Les pieds dans l'eau je savoure le café chaud du matin et lève le camp. Il est 9h15, le lac est glassy et le ciel limpide. L'AEC file droit vers le sud en fleurtant les rives d'où je peux entrevoir la maison forestière de la Gracieuse.

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C'est probablement non loin d'ici que Ernest a photographié cette enclave de pins malades...

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..puis plus loin les dunes de sables érodées bordant le lac...

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aujourd'hui le paysage reste le même mais la végétation a réussie à stabiliser petit à petit l'érosion.

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Vers 11h30 je passe la pointe de Coben avant d'accoster à Maubuisson pour une brève halte.

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La vision de la plage était-elle la même en 1912?.....l'école de voile et quelques aménagements touristiques en moins..?

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J'emprunte à présent le canal des étangs à l'extrémité sud du lac d'Hourtin-Carcans.

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A 12h30 c'est le test du premier portage à l'écluse de Maubuisson. Débarquer le contenu, extraire le kayak de l'eau, le fixer sur le chariot puis porter le tout pour un nouvel arrimage !. Beaucoup de temps perdu, il va falloir intégrer cette contrainte dans la suite de l'expé :-(

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Petit encas avant de reprendre le canal qui longe la réserve naturelle du Cousseau. De temps à autre des bancs de nénuphars, des hérons cendrés, ou des martin-pêcheurs, m'accompagnent dans une après-midi estivale.

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Après 1h30 de pagayage environ j'entrevoie au bout du canal le lac de Lacanau.

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Je poursuits vers l'Est pour un accostage dans l'enceinte du petit port. Bavardage à la terrasse d'un café en compagnie d'un amis à qui j'ai proposé de boire un verre. Il est vrai que habitant à Lacanau-océan ces endroits me sont familiers et chaque recoin de ce lac n'a plus aucun secret.

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Il est temps de me remettre à l'eau et poursuivre en contournant l'île des boucs qui offre un petit havre de paix pour quelques privilégiés.

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Puis cap au Sud pour rejoindre les îles aux oiseaux et y bivouaquer pour la nuit.

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Je vous invite à lire le récit d'Ernest Sexe où il décrit dans un vieux phrasé les beautés de sa croisière en canoë de l'époque. Et notament son abordage de fin de journée sur ce lac.

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Pour ma part plutôt que de m'étendre dans de longs discours, je vous joints mes photos. Le spot est cool...non ?.

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Lever du camp à 9h30, puis cap plein sud pour récupérer l'embouchure du canal du Porge

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Une succession de 4 barrages régulent le niveau d'eau. C'est donc une bonne gymnastique avec 4 portages et le temps qui s'écoule trop vite.

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Ernest et sa femme ont dû eux-aussi s'affranchir des obstacles à ceci près que les barrages étaient à l'époque en pierres ou en bois.

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La seconde moitiée laisse apparaître parfois des berges de sables érodées par la montée des eaux hivernales.

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A partir du pont du Pas du Bouc (appelé aussi pont de Lauros) il n'y a plus de portage en vue, et le canal que l'on nomme ici courant de Lège se transforme maintenant en une petite amazone sinueuse et sauvage.

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Le niveau d'eau suffisament haut cette année permet de ne plus mettre pieds à terre, excepté sur un banc de pierres et d'alios. L'AEC, porté par le courant, glisse dans une ambiance presque subtropicale.

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J'arrive à hauteur de Lège vers 17h, trop tard pour entreprendre un bout de chemin sur le bassin. La marée est sur le point d'être basse et je n'ai pas l'intention de bivouaquer dans la vase !. Un banc de sable en surplomb du courant fait très bien l'affaire.

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Le ciel s'est chargé en soirée et laisse échapper quelques gouttes, pas de bons présages pour demain :-(

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Lever du camp vers 9h, et poursuite de la descente vers le bassin qui n'est plus qu'à quelques coups de pagaies. La marée encore basse m'oblige à rester sur le chenal pour garder suffisament de tirant jusqu'à hauteur de Claouey.

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Puis le bassin commence enfin à se remplir et me permet de mettre cap au Sud-Est. Mais la pleine mer amène avec elle des conditions meteo qui commencent à être dantesques. Balancé par la houle, fouetté par la pluie et le vent, ajouté à ça quelques mulets sauteurs qui passent au dessus du kayak, je me demande quesque je faits à barboter ici. STOP aux acrobaties! cap sur Cassy et Lanton.

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J'accoste sur une plage abrité par le domaine de Certe. De quoi remettre ses esprits en place et débarquer le contenu. La chance me sourit enfin puisqu'un camping se situe juste derrière. Idéal pour y planter la tente et surtout prendre une douche chaude ! le canard va pouvoir se mettre au sec :-)

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A l'accueil du camping je fais la connaissance de Yannick qui vient déposer ses flyers de "Lou Batel'Eyre". Après lui avoir décrit l'expé je lui demande quelques infos sur le canal de Cazaux. En effet j'avais au préalable fait une reconnaissance visuelle de cette partie du périple, le canal est impraticable sur une bonne moitié et barré par un camp militaire. Si Ernest Sexe avait à l'époque opté pour un transport par le train d'Arcachon à Cazaux, je vais pour ma part opter pour la solidarité. Bonne intuition puisque Yannick connaît un loueur de canoë qui peut me transporter en amont de Cazaux sur la partie navigable du canal. Rendez-vous est pris au port de Biganos demain sur marée haute.

Tout frais, tout reposé et les pagaies affûtées je quitte Lanton en mileu d'après-midi. Cap au Sud-Ouest puis Sud-Est en contournant le domaine de Certes.

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Moins de 2 heures me suffisent pour atteindre l'embouchure de la Leyre

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J'entreprend la remontée du bras principal et passe à hauteur du port des Tuiles......

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.....pour arriver un peu plus loin au magnifique petit port de Biganos que quelques rayons de soleil viennent illuminer.

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C'est ici que ma traversée du bassin se termine, tandis qu'Ernest avec une météo et une marée favorables avait mis le Cap sur Arcachon 100 ans plus tôt.

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Comme convenu Yannick me récupère et m'amène chez Nathalien loueur de canoë. Accueil très sympas, je plante la tente sur son terrain et passe une soirée bien cool avec eux. Si vous êtes partant pour une descente de la Leyre entre amis ou en famille n'hésitez pas à les contacter.

Amazone, un incontournable et un des pionniers

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Lou Batel'Eyre si vous préférez une ballade en barque.

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En fin de matinée Nath me dépose sur le canal des Landes. Il a l'habitude d'y amener ses canoës en attendant la réouverture de la Leyre au tourisme. J'avoue que cette partie du canal en amont de Cazaux n'a presque rien à envier au décors de la Leyre. Thanks Nath, see you later, l'épopée des grands lacs peut reprendre :-)

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A l'arrivée sur Cazaux des habitations plutôt sympas bordent les rives.

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Pour parler un peu de la partie infranchissable du canal que j'ai pu éviter grâce à l'entraide, je connais 2 amis furieux qui ont voulus tenter la percée peu de temps après mon trip. Leur périple devait relier le Lac de Lacanau à Cazaux en ligne direct. Sans trop m'étendre sur leur récit, après la traversée du bassin et l'entame des 2 premiers kilomètres du canal, leur aventure s'est transformée rapidement en cauchemars. Les arbres enchevêtrés, les ouvrages d'écluses détruites et les portages à répétitions ont eu raison des 2 casses-cou qui ont dû arrêter leur petite gymnastique bien avant le camp militaire. Avis aux curieux qui voudraient forcer le passage !.

Pour ce qui concerne mon expé, je termine la remontée du canal en même temps que celle du thermomètre qui ne cesse de grimper. Vers midi le lac de Cazaux-Sanguinet se dévoile limpide et presque aussi vaste que celui d'Hourtin-Carcans.

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T'en penses quoi Ernest ?

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Ce lac est surtout aprécié pour ses eaux turquoises, un petit goût tropicale surtout par la chaleur estivale qui reigne aujourd'hui :-)

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Après une courte pose rafraîchissante je me dirige vers l'entrée du canal des Landes

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Quelques coups de pagaie suffisent à rejoindre l'écluse de Navarosse. J'effectue le portage sous un soleil de plomb avec comme autre difficulté des ronces qui rendent la remise à l'eau plutôt épineuse. Ca agace un peu !

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Si j'en crois cette photo les berges semblaient plus dégagées et acceuillantes en juillet 1912

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Je poursuit la descente du canal espérant trouver un peu d'air sur les lacs. Mais le petit étang de Biscarosse est un peu trop étroit pour espérer avoir un vent thermique.

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Un peu plus loin je débouche enfin sur la célèbre hydrobase de Latécoère et ses pilotes légendaires : Mermoz, Saint Exupéry, Guillaumet etc.. Le grand large du lac de Biscarosse-Parentis amène la petite brise rafraîchissante que j'attendais.

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Je dois pas trop m'attarder et traverser au plus vite pour être sur la rive Sud ce soir. D'autant plus que le courant de Sainte-Eulalie donne quelques incertitudes puisque je n'ai aucune information sur sa faisabilité ou pas. Le mauvais temps et la marée mal calée du Bassin d'Arcachon m'ont fait perdre une journée voir deux sur mes prévisions. Pas de temps à perdre donc !, filer droit au Sud pour garder un peu de marge et être dimanche matin à Mimizan.

J'arrive à Gastes en soirée et détermine l'emplacement du bivouac. Puis je pars en reconnaissance pour débusquer l'entrée du courant de Sainte-Eulalie et y pêcher quelques infos. On me donne rien de très clair, mis à part que cette année la hauteur d'eau doit éviter les trop grosses galères, et que certains ont vu des canoës s'y aventurer mais pas récement. D'autres décrivent un courant assez large au vu de ce qu'ils ont pu apercevoir en ramassant les champignons près des berges...!?

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C'est sur ces descriptions vagues et pas très précises que je retourne sur Gastes installer le bivouac près d'une petite plage.

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Lever du camp vers 7h et ravitaillement en eau un peu plus loin sur une aire de camping-car.

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 J'entame ensuite l'amorce du courant de Sainte-Eulalie en me fofilant au milieu d'un marais. Puis il se dessine enfin plus précis sous une forêt de feuillus.

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Très vite je m'aperçois que cette journée n'aura rien d'une petite ballade tranquille. Des arbres couchés et des branches obligent souvent à anticiper les bons coups de pagaies. D'autant plus que l'eau a l'air plutôt calme en apparence mais l'AEC prend un peu trop de vitesse par moment, il faut garder l'oeil vif.

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Je m'accroche quelquefois à une fougère de la rive pour appréhender le passage. L'important est de choisir le bon endroit parcequ'il y a pas mal de ronces sur les berges et ca irrite le pagayeur !:-(

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Et puis il arrive un moment où on juge mal l'obstacle et forcément ça coince. Tête baissée je laisse glisser le kayak sous un tronc mais le sac de pont situé sur l'arrière accroche et tombe à l'eau. Pour m'agripper à la berge je n'ai que des "aïe ça pique fort !" et pas mal de jus ce qui rend la manoeuvre périlleuse !:-( J'arrive tout de même à me dépétrer et mettre pied à terre pour refaire le chargement. Plus rien sur le pont, tout à l'intérieur, j'aurais du y penser beaucoup plus tôt vu le nombre de passages que j'ai effectué couché depuis ce matin. Ecorché et agacé je poursuits la descente... mais après quelques virages techniques le courant s'accélère à la sortie d'une courbe, coup de pagaie à gauche puis à droite, pales en faces arrières toutes !..trop tard.. le kayak est embarqué et vient s'empaler contre un arbre couché. Grosse adrénaline, tout est allé trop vite. L'AEC est plaqué au milieu du courant, il ne me reste plus qu'à m'extirper puis monter sur ces branches et analyser la situation..:-(

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Je comprend mieux l'accélération soudaine, une chute d'eau surprise n'attendait que moi. La grosse tasse et la "cata" ont été évitées de justesse ! Il me faut maintenant regagner une des 2 berges, à droite un roncier infranchissable, et à gauche une seule option, avancer en équilibre sur une branche pour sauter et essayer d'attraper une fougère du bord. Après avoir repris mes esprits, j'accroche la corde d'arrimage à mon poignet puis après un temps d'hésitation c'est le grand saut suivi de 2 brasses énergiques et d'une main rageuse qui vient agripper une fougère. Voilà c'est fait !! grosse galère et grosse frayeur :-(

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Je tire l'AEC à mes pieds et le traine sur le haut de la berge. Puis reconnaissance à pieds le long du courant. Forcé de constater qu'il y a une succession de petits rapides éloignés les uns des autres. Le plus puissant d'entre-eux étant celui de l'ancien pont du Gouvernement. Ernest Sexe avait risqué la descente avec succès en prenant soin toutefois de laisser sa femme sur le bord au cas ou sa pipe s'éteindrait au fond de l'eau. Pour ma part je n'ai pas la pipe de l'espérance à allumer, et si le pont n'existe plus, le rapide me paraît plutôt risqué et incertain surtout avec la force et la quantité d'eau qu'il y a aujoud'hui. D'autant plus que seul j'aurais un peu de mal à demander de l'aide.

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Le portage me parait plus sage, mais je le fait sous une chaleur plombante.

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Si je devais décrire le courant de Sainte-Eulalie en quelques mots je dirais qu'il est beau, sauvage, imprévisible, pas très acceuillant sur les bords (ça pique souvent et des bestioles vous tombent dessus), parfois critique et tumultueux, ça peut ressembler à un parcours du combattant sur 2 tiers du parcours, voilà c'est dit !!

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Ernest aurait été d'accord avec moi, d'ailleur c'est ce qu'il laisse apparaître dans son récit malgré tout un peu enjolivé..

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Mais si le courant est un petit combat quasi permanent, il vient se déverser dans le lac d'aureilhan-Mimizan qui est tout son contraire, calme et acceuillant.

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Des vaches marines prennent un bain en regardant un abruti passer au large :-). Le regard ne se perd pas sur l'horizon contrairement à la plupart des lacs que j'ai traversé jusqu'ici, et le charme opère lorsqu'on s'y ballade à la pagaie.

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Après en avoir exploré les contours, j'installe en soirée le dernier campement du périple au camping municipal de Mimizan.

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Un sentier me permet d'effectuer une reconnaissance visuelle de l'étape de demain, tandis que sur la promenade fleurie un trompe l'oeil de circonstance marque la fin imminente de ma petite aventure.

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Au matin face à la tente, le soleil levant dissipe la brume matinale, délicieux moment en buvant quelques gorgées chaudes de café.

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Dernière journée, ou plutôt dernière matinée. Un arrêté municipal interdit toute navigation sur le courant de Mimizan, mais je compte effectuer malgré tout une petite descente de curiosité jusqu'au pont de Vigon. Départ du camping vers 8h30, le sud du lac est glassy et l'AEC glisse vers la passerelle de Gombaut qui marque l'entrée du courant.

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Un peu plus loin un barrage oblige à effectuer un portage, le dernier de l'expé en ce qui me concerne.

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Quelques jolis méandres me mènent rapidement jusqu'au pont de Vigon.

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C'est ici que se termine l'épopée des grands lacs, au bord de la départementale 87. Le courant finira sa course seul un peu plus loin dans l'océan.

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Ernest et sa femme avaient quant à eux échoués leur canoë à quelques longueurs de là pour terminer leur croisière sur un banc de sable.

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En dernière page de son récit "Courants et lacs landais d'Hourtin à Mimizan" Ernest Sexe a écrit ceci :<< Nous avons en France notre Far-West et, certes, aussi beau que ceux d'outre-Océan. Un temps viendra où, sans doute, les syndicats de tourisme aménageront les courants : où les obstacles qui sont le piment délicieux de l'aventure seront adoucis ou n'existeront plus>>.Qu'il se rassure, notre petit Far-West est toujours bien présent dès qu'on ose débusquer et s'aventurer sur les courants sauvages. Et si les grands lacs et certains canaux ont quelque peu étaient aménagés, le regard peut encore se perdre sur ces vastes plans d'eau de la côte Aquitaine.

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Je remercie tous ceux qui ont contribués à mon épopée des grands lacs : les loueurs de canoë qui m'ont permis de franchir l'infranchissable, les conseils précieux de certains locaux, mon taxi bénévole aller-retour, et bien sur Ernest Sexe et son livre "Croisières en Canoë 1908-1912" sans qui jamais je n'aurais réalisé cette expédition :-)

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